Histoire de gargouille

L’original et sa copie

LA GARGOUILLE  DE L’EGLISE SAINT-GERMAIN

© Musée du château de Dourdan

Des gargouilles de clocher

Apparues au XIIIe siècle, les gargouilles forment des chenaux saillants placés à une certaine distance des murs pour évacuer les eaux de pluie. Ces ouvrages présentent également une valeur symbolique. Ornés de sculptures d’animaux fantastiques ou de figures humaines, les gargouilles sont gardiennes du Bien, éloignant des édifices tout esprit malin. Arrimées à la paroi grâce à leurs corps ou à leurs pattes, ces sculptures de pierre projettent ainsi leurs grandes gueules pour déverser les eaux de pluies tout en assurant un rôle protecteur.

Les gargouilles de l’église Saint-Germain l’Auxerrois s’élèvent dans les airs au-delà des grandes arcades et des fenêtres hautes, tout en haut des tours de l’église. Le clocher nord-est est surmonté de quatre pinacles, chacun orné d’une gargouille en forme d’animaux. Tout un bestiaire décore ainsi les parties supérieures du monument, dont la flèche est couronnée par une girouette à motif de serpent ailé.

© Musée du château de Dourdan

L’église en chantier

Depuis mars 2019, l’église Saint-Germain l’Auxerrois fait l’objet de travaux de restauration portant sur les façades est, les arcs-boutants, les fenêtres hautes, les chapelles ainsi que le clocher nord. L’élévation du grand échafaudage entourant les parois de la tour nord-est a permis de photographier les gargouilles, dont l’une est la copie d’un original conservé au Musée du château.

Sauvetage après la chute

Dans les années 1990, une gargouille du pinacle nord-est a cédé. En tombant, la bête sculptée s’est brisée seulement en deux morceaux et a pu être sauvegardée. Une copie la remplace désormais pour scruter le ciel et protéger l’église des maléfices.

L’original, déposé au musée, est exposé dans la salle consacrée au thème Territoire et pouvoirs. La sculpture permet d’évoquer le pouvoir de l’ancienne église des chanoines, qui fait face encore de nos jours au château royal de Philippe-Auguste.

L’objet est positionné de façon à montrer la rigole d’écoulement de l’eau qui passe à travers la gueule de l’animal fantastique.